Aquarian Faqir Gathering #1

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Aquarian Faqir Gathering #1

« Un fakir, ou faqir, dérivé de faqr (arabe : fəˈkɪər, « pauvreté ») est un ascète soufi qui a fait vœu de pauvreté et de culte, renonçant à toutes relations et possessions. Un fakir est considéré comme autosuffisant et ne possède que le besoin spirituel de Dieu ». Wikipedia

Mi-mars en Turquie. Nous nous rendons à Bursa, une ville côtière où nous sommes accueillis dans un centre de formation en permaculture niché sur une colline, juste au-dessus de la côte.

L’intention de cette première retraite est claire : explorer les racines soufies du Kundalini Yoga.

À une époque où l’héritage de Yogi Bhajan est remis en question, et où l’homme lui-même est mis à mal par la grande majorité de disciples autrefois dévoués dans le monde entier, c’est un bon moment pour voir ce qui est universel et au-delà du temps et de l’espace dans les Enseignements qu’il est venu délivrer.

La principale différence ici avec une formation « classique » d’enseignant de kundalini yoga est l’absence totale de besoin de délivrer un quelconque contenu. Nous n’allons nulle part, le programme est aussi dégagé que le ciel bleu qui nous surplombe.

Le sâdhana du matin se fait à la lueur de la pleine lune, qui se reflète sur l’eau en contrebas. La salle de yoga où nous pratiquons est également très spéciale : une sorte de dôme géodésique avec une structure géométrique très intéressante.

Fateh Singh, qui tient l’espace pour cette retraite, commence par nous demander à tous de poser une question : ce n’est que si la question est clairement énoncée que les enseignements peuvent se manifester pendant les quelques jours que nous passerons ensemble.

Le soufisme, tout comme le Kundalini Yoga, est aussi une approche, une lentille que nous utilisons pour accéder au même tantra universel : la trame qui tient ensemble la totalité de la création, maintenant, avant et après nous.

La toute première chose que nous faisons le matin est d’honorer agni, le feu intérieur, en allumant un feu dans une petite pyramide de cuivre. Ensuite, l’espace est ouvert pour pratiquer le kundalini yoga et la méditation.

Lorsque le soleil se lève enfin, c’est l’heure de l’agni hotra, un ancien rituel védique pratiqué tous les jours dans la même pyramide de cuivre pour dégager l’espace subtil et créer un espace sacré au lever et au coucher du soleil. Brûler de la bouse de vache et faire des offrandes de riz et de ghee avec un mantra spécifique est une façon de célébrer ces deux événements simples mais essentiels qui se produisent chaque jour.

Un autre aspect très important de cette retraite est l’idée du satsang : chaque matin, après le petit-déjeuner, nous nous réunissons tous en cercle et partageons ce que nous avons vécu pendant les pratiques et aussi pendant la nuit. Les rêves peuvent en effet être très utiles pour décrypter ce qui se passe au niveau du subconscient dans le processus collectif.

Dans ces cercles, les enseignements viennent de la bouche de chacun : si j’accepte d’être mon propre guru, je peux aussi partager une histoire ou une idée qui entre en résonance avec l’histoire personnelle ou le process de quelqu’un d’autre. C’est ainsi que nous devenons sangat : nous devenons tous le miroir les uns des autres, et nous nous montrons les uns aux autres ce que nous ne pouvions pas voir par nous-mêmes quand nous étions seuls.

Aval Allah Noor Upaya est le shabad (chant sacré) qui est venu pour cette retraite. Voir la lumière, le noor d’Allah (un des nombreux noms de Dieu) en chacun de nous.

Cette lumière qui nous éclaire les uns les autres est telle qu’après quelques jours, le visage de chacun·e est différent : un nouvel éclat, une nouvelle qualité de présence s’est installée. Comme le processus alchimique de transmutation du métal en or, les couches subtiles de nos perceptions nous deviennent progressivement de plus en plus accessibles.

À mesure que notre vue et nos sens intuitifs s’améliorent, nous commençons à voir ce que nous avons vraiment à apprendre cette semaine :

« Nous sommes tous pauvres. Nous sommes tous des faqirs. Nous sommes tous des mendiants. Nous ne savons rien. Nous ne possédons rien. »

Même le concept de foyer est aujourd’hui profondément remis en question : où est le foyer si ce n’est dans le cœur ? Lorsque nous nous réunissons ainsi pour chanter et méditer ensemble, ne rentrons-nous pas tous enfin à la maison ?

Cela nous relie à l’ancien mode de vie adopté par les soufis et les mystiques depuis des siècles : marchant seuls, attachés à rien, ils se dirigent intuitivement vers le prochain point de rencontre, le prochain rassemblement, l’endroit unique dans le temps et l’espace où ils peuvent rencontrer des personnes de même sensibilité, de toutes traditions, sans aucune identification religieuse, et juste prier, juste être, juste ressentir l’extase intérieure d’être.

Puis, organiquement, comme les parties d’une cellule vivante qui a son propre souffle, son propre rythme, ils sentent qu’il est temps de se séparer à nouveau, sans aucun regret, et de retourner sur leurs chemins, jusqu’à la prochaine fois où ils sentiront l’appel à se rencontrer.

C’est le chemin des faqirs. Un chemin vers l’Ère du Verseau, où les vieilles structures, les vieilles formes, ne sont plus pertinentes. Seule l’essence demeure : nous sommes tous Un.

Chanter ensemble, danser ensemble, prier ensemble, respirer ensemble : autant de façons de célébrer ce que nous ressentons tous au plus profond de nous-mêmes. Tout est connecté, il n’y a plus de séparation. Toute la dualité vient des boîtes dans lesquelles j’ai eu tendance à me mettre pour me sentir en sécurité, accepté et pris en charge.

C’est maintenant le moment d’accepter que nous sommes tous seul·e·s, que nous devons être prêt·e·s, chaque matin, à chaque respiration, à perdre tout ce que nous avons et savons, à nous vider, à être prêt·e·s à recevoir tout ce qui est là, les innombrables cadeaux qui pleuvent sur nous à chaque instant. Ce n’est que si nous sommes attentif·ve·s et si nous arrivons les mains vraiment vides que nous pouvons voir et recevoir ces cadeaux.

Il y a tellement de détente et de gratitude à accepter cet état simple d’être. Il n’y a plus d’espoir. Aucune attente.

Toutes ces fois où nous avons dit « non » à la vie, où nous avons résisté à ce qui était là, en nous basant sur ce que nous savions avant et sur ce que nous attendions via la projection de notre mental…

Il n’y a plus rien à « tenir » : la victoire revient à celui qui n’a rien à perdre, et même aucune raison de gagner. Mais si je n’ai plus rien à défendre, si je doute même de ce que je vois, de ce que mes yeux me montrent, alors quelle référence me reste-t-il ?

Mon coeur m’a amené ici, alors je brûle, sans même l’illusion du choix.

Juste le sentiment d’être au bon moment, au bon endroit, et de m’abandonner complètement à ce que le moment a à offrir. La prière qui accompagne cette attitude est contenue dans ce simple élan :

« Je suis tout à toi, Seigneur ».

C’est le moment de se rencontrer. C’est le moment de se réunir et de partager cette précieuse vibration.

C’est le moment de se plonger ensemble dans cette béatitude toute simple. C’est le moment de brûler tous les attachements à ce qui était, de brûler de ce désir profond que nous avons en commun, cette soif profonde, cette volonté essentielle de fusionner complètement.

La prochaine fois, venez brûler avec nous.

Aquarian Faqirs

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